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Le nom de KELLER, asssez fréquent, est issu d'une fonction courante au Moyen Age: celle de cellérier (du latin cellarius - l'économie du couvent).
Le blason de Louis Keller,
receveur et greffier
de Blotzheim à la fin
du XVIIè siècle
Le Keller était chargé de gérer les revenus en nature pour un seigneur. Cet employé s'occupait de la surveillance des vendanges et du pressoir ainsi que de la mise en cave de la part du vin qui revenait au seigneur.
Il est donc assez logique de trouver dans les armoiries concédées par les héraults d'armes de Louis XIV à certains KELLER (voir plus loin) une clef, symbole de la fonction représentée par le patronyme.
L'alsace renferme de nombreuses familles KELLER dont la plupart ne sont pas en parenté.
En Haute-Alsace, les KELLER sont présents dès le XIVè siècle (à Soultz, où leur blason comportait une clef, à Ensisheim où Clara KELLER verse une somme d'une livre à l'abbaye de Lucelle pour le salut de son âme, à Eguisheim où Heinrich KELLER est greffier en 1326.
Au XVIè siècle, on retrouve des KELLER à Rixheim (1512), Habsheim (1518), Mulhouse (1536) et Zillisheim (1539).
Plus près de notre époque, des KELLER sont présents à Blodelsheim (en 1625, travaux d'Emile DECKER), Heimsbrunn (XVIIè et XVIIIè siècles, recherches de Michel SCHMITT).
Les armoiries
de Jean-Jacques Keller
(dessin Pierre GANTER)
Cernay abritait également une famille de ce nom: en 1659, Georges KELLER, vitrier âgé de 40 ans, habite la petite ville: en 1668 Hans Jacob KELLER achète, à la veuve Margaretha ARNOLD, une maison à Cernay. A cette date, Hans Jacob est receveur de l'évêque de Bâle à Cernay.
Comme de nombreuses familles d'Alsace, les KELLER ont donné des enfants au clergé séculier, entre la guerre de Trente Ans et la Révolution (travaux de Louis KAMMERER).
Au nombre de dix, ils sont natifs de Sausheim, Hundsbach, Guebwiller, Aspach, Montreux-Jeune, Flaxlanden, Ungersheim, Altkirch et Baden en Suisse.
A Landser, Margretha KESSLER sera la mère de Frantz Adam KARRER, qui s'illustrera en étant propriétaire d'un régiment suisse qui portera son nom.
En 1702, Hans KELLER, natif de Kembs, était meunier à Steinbrunn-le-Bas.
Exactement un siècle auparavant, Georg KELLER possédait des biens à Dietwiller.
En 1705, Christophe KELLER est mire de Dornach, commune indépendante qui ne sera rattachée à Mulhouse qu'au début de notre siècle.
A Spechbach-le-Bas, nous connaissons Claus KELLER, déjà décédé en 1902, et Diebolt KELLER encore en vie à cette date là.
Peu avant 1700, Louis KELLER était receveur des domaines du roi à Blotzheim. Il portait "d'azur à une clef d'or".
Au cimetière
Saint-Morand d'Altkirch,
la tombe des Keller,
maître de poste dans
la première moitié
du XIXè siècle
A la même époque, Jean-Jacques KELLER exerçait la fonction de procureur-fiscal de la seigneurie de Blotzheim. Ses armoiries consistaient en un blason "de sable à une clef d'argent accostée des deux lettres I et K de même supportée d'un mont de trois coupeaux de sinople".
Enfin, toujours au chapitre des blasons, mentionnons Jean Thiébaut KELLER, né en 1658 à Flaxlanden qui portait "de gueules à une clef d'argent en pal, accostée des deux lettres T et K d'or" (Armorial de la Généralité d'Alsace).
A Belfort, une famille KELLER occupa des fonctions électives au magistrat de la ville aux XVIIè et XVIIIè siècles -travaux de Christophe GRUDLER).
La fille de l'un d'eux, prénommée Margaretha, épouse suivant contrat du 18 juin 1672 le fils d'un conseiller de la ville de Cernay nommé Adam HINDERPFAD.
Plusieurs familles KELLER vivront à Hundsbach suivant les travaux généalogiques du curé BEHRA sur ce village. Ce même curé réalisera des tableaux généalogiques pour les KELLER de Heimersdorf et ceux d'Oderen.
A Altkirch, les KELLER constituent une ancienne famille. Dès 1650, Christophe KELLER obtient son certificat de naissance.
En 1685 est baptisé à Altkirch Mathieu KELLER, fils de Désiré KELLER, bourgeois de Belfort et de Salomé NANSÉ d'Altkirch. Ce Mathieu sera curé de Sondersdorf et de Wittenheim (travaux de Louis KAMMERER).
Le 23 juin, Joseph KELLER obtiendra des provisions de Sergent Royal à Altkirch. Cet acte, enregistré dans le fonds du conseil souverain d'Alsace, précise que le dernier possesseur de cette charge était François GEIST.
L'inventaire des mariages d'Altkirch pour la seconde période prérévolutionnaire (à paraître d'ici quelques temps), reprend plusieurs mariages concernant les KELLER d'Altkirch.
Cette famille continuera à jouer un rôle important puisqu'en 1845, elle tenait la poste aux chevaux (voir notices sur l'accident de Tagolsheim parue dans "l'Alsace" du 2 juin 1991).
Le petit village d'Aspach près d'Altkirch abritait depuis longtemps une famille KELLER.
Dès 1603 y est mentionné Reichart KELLER qui intente un procès à Diebolt STEMELEN de Spechbach-le-Bas, sans que nous en connaissions la raison.
En 1662, Laurent FRIESS d'Altkirch se voit pénalisé d'un somme d'une livre et 10 sols pour avoir injuré Léonhard KELLER d'Aspach. Les héritiers de ce Léonard vendront sa propriété en 1689 à Peter MEDER d'Aspach. Parmi ces héritiers, nous trouvons Jacob KELLER, auteur de la branche de Traubach-le-Haut.
Né en 1690 à Aspach, Jean Léonard KELLER quant à lui sera curé de Tagolsheim, de Roderen, et enfin d'Altenach où il décèdera en 1733 (travaux de Louis KAMMERER).
Cette branche d'Aspach a, semble-t-il, essaimé loin de son village natal. C'est ainsi qu'en 1775, la fille de Morand KELLER épousera, suivant contrat de mariage passé à Leymen, Jean ETTLIN (inventaire des contrats de mariages de Leymen par André GANTER), et en 1760 sera baptisé à Orbey le fils d'Antoine KELLER d'Aspach (communication de Jean-Luc ANGSELL).
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