Version complète
liste
Le mot Juncker vient du vieil allemand "juncherro" signifiant damoiseau.
Ce mot était attribué à un jeune noble n'ayant pas encore été fait chevalier.
Un vitrail ancien de l'église
de la Hochkirch à Sierentz,
construite en 1839 à l'emplacement
d'un ancien édifice où avait été enterré
en 1723 le prévôt François Juncker
En ancien alsacien, le mot Junckherr désigne un membre de la basse noblesse.
Fait-il en déduire que l'ancêtre des JUNCKER était un noble ?
Le pas ne doit pas être franchi avant de sérieuses recherches complémentaires sur la période antérieure au XVIè siècle.
Si des JUNCKER sont présents en Suisse dès le XVè siècle (cantons de Berne, Soleure et Saint-Gall), d'autres sont attestés en Haute-Alsace au tout début du XVIè.
Citons Hans JUNCKER, propriétaire à Berrwiller en 1505, Werner JUNCKHER en 1504 à Obermorschwiller, Conrad présent à Cernay en 1523, Christian JUNGKHER qui paya ses impôts à Luttenbach près de Munster en 1567, etc...
Des souches sont connues au XVIè siècle à Colmar, Soultz, puis à Guebwiller et Riquewihr.
Le patronyme semble donc assez fréquent. Dans le Sundgau, les JUNCKER sont toujours bien représentés, notamment à Habsheim et Burnhaupt.
Sans doute en parenté avec les JUNCKHER de Steinbrunn, où Henri et son épouse Barbeline vivaient vers 1550, ceux de Landser sont d'implantation ancienne.
En novembre 1664, le fils d'un JUNCKER de Landser, Conrad, alla se marier à Schlierbach.
En 1676, Jean Ulrich était qualifié de bailli de Landser. Il se réfugia à Bâle en 1676 lors de la guerre de Hollande.
A la fin du XVIIè siècle, il reçut comme armoiries "d'azur à un trèfle d'or, soutenu d'un croissant d'argent" (Armoiries de la Généralité d'Alsace).
Le document précise qu'il était ancien greffier du bailliage de Landser.
Le trèfle des armoiries, que l'on retrouve dans celles des HUG de Landser, semble avoir été un meuble héraldique prisé par les familles aisées du secteur de Landser.
A Sierentz, le tenancier de l'auberge à l'enseigne de la Lune se nommait Henri JUNCKER. Lui aussi se retrouva à Bâle en 1676 (liste publiée par la Société d'Histoire de Huningue). Il portait les mêmes armoiries que le greffier de Landser. Il décéda à Sierentz début mai 1709 à l'âge de 59 ans et fut inhumé dans le cimetière de la Hochkirch.
Les lacunes et le mauvais état des registres anciens de Sierentz ne permettent pas de dresser une généalogie suivie.
Toutefois, en 1723 on enterra François Jacques JUNCKER en l'église paroissiale de Sierentz, devant l'autel Saint-Nicolas. Prévôt du lieu, il était décédé d'apoplexie trois jours auparavant. Veuf en premières noces d'Anne Barbe STEMLER, il s'était remarié en 1711 avec la fille du prévôt de Katzenthal, Agnès LICHTENBERGER.
Lors de la rédaction du contrat de mariage, document conservé dans le fonds du Hohlandsberg, son beau-frère Frédéric MULLER, maire d'Uffheim, l'assistait en tant que témoin.
L'implantation de la famille à Sierentz est toutefois plus ancienne puisque dès 1652 nous trouvons trace à Blotzheim du mariage de Jacques EBI et d'Elisabeth JUNCKER, originaire de Sierentz.
Le bourg de Habsheim abritait une famille JUNCKER citée dans les registres du XVIIè siècle.
En septembre 1664, Jean Georges JUNCKER, fils de Morand, y épousait Christine CHRIST en présence du notable Jean Georges BERNABEL.
Le mariage en 1680 de Thomas ZELLER et d'Anne Marie JUNCKHER laisse perplexe quant à l'origine de la famille. En effet, le curé indiquait que la future épouse était native de Rouffach.
Quoi qu'il en fut, la famille était toujours bien représentée un siècle plus tard, lorsque Joseph alla prendre femme à Blotzheim en la personne de Marie GAMPER.
A la même époque, Thiébaud, toujours originaire de Habsheim, se maria à Rixheim avec la fille du maire de Habsheim (travaux d'André KIENER).
La branche de Luemschwiller se rattache sans doute à Jean Erard JUNCKHER, cité au village en 1550.
En 1689, un autre Erard JUNCKHER était maire du village. Natif d'Obermorschwiller, il avait épousé Anne HEITSCHLIN à Luemschwiller lors d'un mariage double.
En effet, ce 22 février 1674 son frère Georges se maria avec Marie HEITSCHLIN soeur d'Anne.
Présents à Obermorschwiller depuis un demi-millénaire, les JUNCKER du village ont fait l'objet d'une étude généalogique dont une copie est déposée au Centre Départemental d'Histoire des Familles à Guebwiller.
Jean Georges et Jean Erard, baptisés respectivement en 1646 et 1648 à Obermorschwiller, étaient les fils du couple Jean JUNCKER et Ursule RISS.
Jean Georges eut six enfants entre 1674 et 1684 alors que son frère Erard se fixa à Luemschwiller.
En 1676, un dénommé Guillaume JUNCKER d'Obermorschwiller se réfugia à Bâle. Veuf, il se remaria en 1694 à une fille KOENIG. Ce chef de famille aisé possédait quatre chevaux lors du dénombrement de 1698.
Au siècle suivant, les JUNCKER d'Obermorschwiller s'allièrent aux familles KOENIG, GANSER, WILHELM et SELLET.
Dès 1573, Hans JUNCKER possédait des biens à Reiningue.
Au tout début du XVIIè siècle, un certain Thiébaut JUNCKHER fut convoqué au tribunal hebdomadaire de Thann suite à plainte de Jean GUIDEMANN de Lutterbach. Le litige portait probablement sur un partage d'héritage.
Lors du dénombrement de 1659, le seul JUNCKER présent à Reiningue était Jean, né vers 1613. Il avait épousé en pleine guerre de Trente Ans (juin 1643) la Thannoise Madeleine HURTHER.
En 1659, le couple élevait sept enfants. Certains quittèrent le village natal pour s'installer plus loin, à l'image de Madeleine qui épousa en 1685 à Hochstatt Jean JEHLE.
Dans la première moitié du siècle suivant, les descendants de Jean s'unirent à Reiningue aux familles KOHLER, HILBERT, MELCKER, FUCHS et PAPIRER.
A Heimsbrunn, l'ancienneté des registres permet de remonter la généalogie JUNCKER à la fin du XVIè siècle.
Le 2 mai 1585, Jacques JUNCKER prit pour femme Ursule GIETTELMANN.
Quelques jours plus tard, Christophe JUNCKER épousa Marie KREUTZ de Reiningue.
Toujours la même année, Jean JUNCKER s'unit à Madeleine FISCHER, et en 1594 Blaise se maria avec Agnès SCHNEBELEN de Gildwiller.
Cette succession de mariages atteste l'ancienneté des JUNCKER à Heimsbrunn.
Une branche quitta le village avec Joseph qui épousa à Riedisheim Dorothée GOTTSTEIN en 1773.
De Riedisheim, un rameau se fixa à l'époque révolutionnaire à Heimersdorf; l'abbé BEHRA en a relevé l'arbre généalogique.
Signalons aussi la présence d'une souche à Galfingue où un Jean JUNCKHER possédait sa maison en 1593. Pour ce corps de bâtiment, il était tenu de verser une redevance annuelle au profit du couvent de l'Oelenberg.
A Cernay fut baptisé en juillet 1709 François, fils de Jacques JUNKER et d'Anne Barbe STEMLEN. L'origine géographique du couple n'est pas précisée dans l'acte.
Mentionnons enfin la présence à Altenach de Laurent JUNCKER en 1662.
Cette année là, on lui infligea une amende "pour avoir fait aller ses chevaux sur la prairie de André FRIDERICH".
Mais le nom semble s'éteindre par la suite à Altenach. Il ressurgit en 1731 lors du baptême de Jean JUNCKER dont les parents venaient de Ratisbonne.
Version complète
liste